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Dennis Sassou-Nguesso: « le paternalisme moralisateur de la France n’est plus accepté en Afrique »



Réélu à la tête de son pays en mars 2021, pour un quatrième mandat, le président de la République du Congo Denis Sassou-Nguesso, 79 ans, dont 39 au pouvoir, est l'un des dirigeants africains les plus anciens. À la veille du sommet de l'Union africaine qui se tient à Addis-Abeba ces 18 et 19 février, il a abordé avec Le Point Afrique des sujets importants qui accaparent l'attention des observateurs à un moment où l'Afrique, plus que jamais décidée à prendre son destin en main, est à nouveau au centre d'importantes rivalités internationales. Le chef d’Etat congolais souhaite que la France revoit la nature de ses relations avec les pays africains.

« (…) La relation de la France avec l'Afrique doit évoluer. Chacun le souhaite, les jeunes, mais aussi les plus anciens, comme les chefs d'État de ma génération. On aurait pu espérer que la France, qui connaît bien l'Afrique, mais aussi l'Europe, qui est le continent le plus proche, arrivent à nouer des relations de partenariat comportant des avantages réciproques et un respect mutuel. Je crois que le paternalisme moralisateur qui teinte encore trop souvent cette relation n'est plus accepté. Je pense qu'il est possible et même souhaitable qu'on arrive à des relations plus équilibrées de ce point de vue là… », a affirmé M. Sassou-Nguesso.

Aussi le Président congolais, même s’il refuse d’employer le terme ingratitude pour qualifier le comportement de certains chefs d’Etat français ce vis-à-vis de son pays, n’a pas aimé avoir été zappé par Hollande et Macron lors de leurs voyages en RDC. « Je ne le dirais pas ainsi. Mais certaines réactions et certaines attitudes ont pu nous étonner. En 2016, le président Hollande devait venir à Kinshasa pour le sommet de la Francophonie. Avant son arrivée, je lui avais adressé une invitation en lui disant qu'il serait aux portes de Brazzaville, de l'autre côté du fleuve, et que nous serions heureux de l'accueillir chez nous, dans l'ex-capitale de la France libre. Il n'a pas daigné y répondre, même lorsque nous nous sommes vus brièvement à l'occasion de ce sommet. En 1982, j'avais adressé une invitation similaire au président Mitterrand, qui allait déjà à Kinshasa pour un sommet franco-africain. Il m'avait répondu sans se faire prier, en me disant : « Je ne peux pas être à Kinshasa et regarder Brazzaville par la fenêtre. » Concernant les visites de dirigeants français en Afrique centrale, c'est vrai que ces dernières années il ne s'est pas passé beaucoup de choses, même si le président Macron est venu à N'Djamena, aux obsèques d'Idriss Déby, et qu'il a récemment fait le voyage de Yaoundé. Maintenant, nous ne sommes pas naïfs, nous savons que les États n'ont pas d'amis permanents mais des intérêts permanents. Peut-être que certains intérêts s'opposaient à des relations politiques plus denses », dit-il dans son entretien avec Le Point Afrique.

À souligner que le Président Macron va se rendre au Congo Brazzaville en début mars pour une visite.


Vendredi 17 Février 2023 - 20:15


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